équipages dans la tourmente

 

Sergent mitrailleur


Mort pour la France le 8 novembre 1939, à bord du Bloch 200 n° 162, abattu par la Flak à Kollerinsel (Allemagne)


Inhumé Carré 39/45 E, tombe 482, à la Nécropole Nationale Le Pétant à Montauville (54)

Wilfrid Turbillon


Wilfrid Stanislas Turbillon est né le 30 avril 1918 à Tours (37), fils de Jules Gastien Turbillon et de Lucie Bigard.


N° matricule 304 au recrutement de Tours (classe 1936/2).



Mécanicien et passionné d’aviation Wilfrid Turbillon effectue, à l’Ecole Centrale d’Aviation et de construction aéronautique à Paris, une préparation militaire qu’il termine le 24 janvier 1935 avec une moyenne de 16,36/20.




pilote d’Aéro-Club à Air-Touraine



En attendant son incorporation, et sur ses maigres économies, Wilfrid Turbillon s'inscrit comme élève-pilote à l’Aéro-Club d’Air-Touraine. Du 1er juin au 3 août 1935 il effectue 15 heures de vol sur le Potez 36-13 n° 2076, immatriculé F-ALBG, à l’issue desquelles, il obtient son brevet de pilote de tourisme (1er degré) sous n° 4411 le 24 août 1935.




Citation à l’ordre de la 3e Région Aérienne

« Caporal-Chef Turbillon, Wilfrid, 31e Escadre Aérienne, 2e Groupe, 3e Escadrille :
Jeune Caporal-Chef mitrailleur arrivant depuis peu de l’Ecole.
Plein d’allant, fanatique du vol a montré les plus belles qualités de sang-froid et de discipline, le 11 juillet 1939, en secondant utilement son Commandant d’Avion, au cours d’un vol et d’un atterrissage rendu périlleux par la perte au départ, d’un demi-train d’atterrissage gauche.
40 heures de vol, 2 ans 7 mois de services.»

Ordre général n° 67 du 12 juillet 1939 du Général Pastier commandant la 3e Région Aérienne.1939_07_11.html


engagé volontaire dans l’armée de l’air


Ce total de 19h44 de vol, est radicalement insuffisant pour permettre à Wilfrid Turbillon d’espérer devenir pilote militaire...


Certain de continuer ainsi à approcher les avions et avec l’espoir d’intégrer le personnel navigant, Wilfrid Turbillon s’engage volontairement  le 28 décembre 1936 à l’intendance militaire de Tours pour 4 ans, et est affecté au Bataillon de l’Air 125 à Istres le 28 décembre 1936.


Par changement de dénomination il est affecté à la Base aérienne d’Istres, 1ère Compagnie, à compter du 1er janvier 1937 (exécution de la DM n° 2251-1-OEMAA du 10 octobre 1936).


A Istres, Wilfrid Turbillon ne manquera jamais une occasion d’approcher les avions de passage, et leurs pilotes célèbres ou anonymes.


Le 8 août 1937 il a la fierté d’annoncer à sa famille qu’il a été reçu dans les 10 premiers à son examen de Caporal, grade auquel il est nommé par Ordre du Bataillon n° 185 du 16 septembre 1937, décision du 22 septembre 1937.


Le 18 janvier 1938, le Caporal Wilfrid Turbillon quitte la Base d’Istres pour sa nouvelle affectation, la Base de Tours où il est affecté au GB I/51 (exécution de la DM 1770 7 MP2 du 24 décembre 1937 du Général commandant la 4e RA).



élève-mitrailleur à Cazaux


Le 14 novembre 1938 il réalise enfin son rêve d’intégrer le personnel navigant et part en stage d’élève-mitrailleur à la BA 124, à Cazaux, où il est affecté à la 4e compagnie.


Le 29 novembre 1938, il a la joie de voler à nouveau, pour la première fois depuis 29 mois, sur un antique LeO 20.


Les missions de tirs de fonctionnement, tirs sur manche remorquée et sur panneaux au sol, de bombardement et de reconnaissances et missions photos, au nombre d’une vingtaine, s’enchaînent pour un total au 17 mai 1939 de 23h05 de vol.


Son stage terminé avec succès, Wilfrid Turbillon est breveté mitrailleur sous le n° 2006, et est nommé au grade de Caporal-Chef par ordre du Colonel commandant l’Ecole de Cazaux à compter du 27 mai 1939.




mitrailleur à l’escadrille 3/31


Le 27 mai 1939 le jeune Caporal-Chef Wilfrid Turbillon rejoint la Base de Tours où il est affecté à la 3e escadrille de la 31e escadre (DM 1490 PM2 du 17 mai 1939).


Le 11 juillet 1939 le Bloch 200 n° 67 sur lequel il vole subit un grave incident qui sera, grâce au talent des pilotes Aubourg et Terrel, sans autre conséquence qu’un atterrissage forcé (cliquer pour lire le récit détaillé de cet incident).


Dès le surlendemain l’équipage revolera et aura la joie de participer le 14 juillet au défilé aérien sur la ville de Tours.


Après les honneurs de la presse locale ce sera le temps des honneurs militaires, et Wilfrid Turbillon récoltera sa première citation :




En 10 mois Wilfrid Turbillon ne pourra plus voler que 15 fois pour un total de 4h44 de vol sur les Potez 36 F-ALAB et F-ALFI et surtout aux commandes du Caudron 230 F-ALDF d’Air-Touraine.


Son dernier vol civil, sur ce Caudron 230 F-ALDF, a lieu le 21 juin 1936, portant son total général à 19h44 de vol.

Wilfrid Turbillon au poste de pilotage

et devant le Potez 36 F-ALBG

«Ville de Dallas»

Wilfrid Turbillon et le Caudron 230 F-ALDF d’Air-Touraine le 24 mai 1936

Nommé Sergent, son entraînement se poursuit activement et le 8 août 1939 Wilfrid Turbillon a la joie d’effectuer son unique vol de nuit en temps de paix.


Vols de guerre


Il aura l’occasion de s’entraîner encore deux fois seulement au vol de nuit avant d’effectuer le 30 septembre 1939 son premier vol de guerre.


A 19h50 le Bloch 200 n° 112 décolle de Connantre pour une mission  de reconnaissance de nuit sur l’Allemagne. A son bord les S/Lt Maurel et Guisset, le Sgt pilote Terrel et le S/C radio Esneau. Cette reconnaissance sera effectuée à à une altitude moyenne de 200 mètres sur l’itinéraire Sarrebrück - Kaiserslautern - Mannheim et retour en raison de la brume, soit 2h00 de vol en territoire ennemi en étant pris à partie par la Flak dont les canons antiaériens tirent avant même que les projecteurs ne s’allument et persistent de plus en belle ensuite. Après 4H30 de vol le Bloch 200 n° 112 est de retour à Connantre mais la mission sera stérile, aucun renseignement utile ne pouvant être rapporté dans ces conditions...


Affecté mi-octobre 1939 à la 2e escadrille du GB I/31 il forme dorénavant équipage avec le S/Lt Bertaux, le S/Lt Guisset, le Sgt Terrel et le S/C Esneau.


Le 22 octobre il quitte avec son équipage sur le Bloch 200 n° 162 le terrain de Connantre pour celui de Metz où il est en alerte pour l’exécution d’une nouvelle mission de reconnaissance de nuit. Celle-ci sera annulée en raison des conditions météorologiques et l’avion rentrera à Connantre le 30 octobre 1939.


Dans la nuit du 7 au  8 novembre 1939, la météo s’améliorant l’équipage du Bloch 200 n° 162 décolle de Connantre à 23h00. L’avion ne rentrera jamais, abattu par la Flak à Brühl, au Sud-est de Mannheim entraînant les cinq aviateurs dans la mort...


Wilfrid Turbillon était un jeune marié et le jeune père d’un petit garçon prénommé Wilfrid, comme lui.


Il est aujourd’hui inhumé à la Nécropole Nationale de Le Pétant à Montauville (54), dans le Carré 1939-45 E, tombe n° 482.

Le Sergent mitrailleur Wilfrid Turbillon dans la tourelle avant d’un Bloch 200