équipages dans la tourmente

 

Tout le monde, c’est certain, sait bien que dans l’aviation

Comme partout dit-on

Il y a des pigeons.

Mais le pigeon pour nous n’est pas navigant,

Seuls le sont ceux qui savent faire le paon.

Ils font la roue, s’dandinent

Pendant que nous on turbine.

Mais philosophes chantons la chanson des pigeons.



Se taper le boulot, c’est pour l’mécano,

Jouer à la belote c’est pour le pilote.

Tous les jours on voit au beconar

L’mécano travailler jusqu’au soir.

Réparer l’moulin c’est le mécanicien

Voler quelques heures c’est le mitrailleur.

Souvent pas beaux nous sommes,

Quand ces Messieurs plastronnent.

Car tirer la flemme c’est pour le P.N.



Depuis plus de deux heures déjà, nous sommes au boulot

Quand tout tranquilles arrivent les gigolos.

Vous serrez la main, non vraiment vous n’y pensez pas

Ils vous jettent «Camboui», comment qu’ça va,

Mais le «Camboui» railleur devant tous ces crâneurs

Continu son boulot et fredonne aussitôt.



Se taper le boulot, c’est pour l’mécano,

Jouer à la belote c’est pour le pilote.

Tous les jours on voit au beconar

L’mécano travailler jusqu’au soir.

Réparer l’moulin c’est le mécanicien

Voler quelques heures c’est le mitrailleur.

Souvent pas beaux nous sommes,

Quand ces Messieurs plastronnent.

Car tirer la flemme c’est pour le P.N.



En combine, plein d’huile, on peut voir le mécanicien

Soigner son moulin, comme un vrai médecin.

Mais un jour c’est sûr, le pilote rétame sa voiture

Et l’pauvre mécano trouve cela très dur

Il se met au boulot, répare le berlingot

Et quand c’est réparé, il se met à chanter.



Se taper le boulot, c’est pour l’mécano,

Jouer à la belote c’est pour le pilote.

Tous les jours on voit au beconar

L’mécano travailler jusqu’au soir.

Réparer l’moulin c’est le mécanicien

Voler quelques heures c’est le mitrailleur.

Souvent pas beaux nous sommes,

Quand ces Messieurs plastronnent.

Car tirer la flemme c’est pour le P.N.



Sur la piste les zincs bien rangés sont prêts pour voler

Les pilotes sont prêts, les pleins sont faits.

A l’essai on trouve que le berlingot déconne.

Passagers du P.N. il n’y a plus personne.

Oh ! alors aussitôt on dit au mécano :

Courez vous habiller, car vous aller voler.



Se taper le boulot, c’est pour l’mécano,

Jouer à la belote c’est pour le pilote.

Tous les jours on voit au beconar

L’mécano travailler jusqu’au soir.

Réparer l’moulin c’est le mécanicien

Voler quelques heures c’est le mitrailleur.

Souvent pas beaux nous sommes,

Quand ces Messieurs plastronnent.

Car tirer la flemme c’est pour le P.N.



L’mécano souriant enfile ses vêtements,

Son regard rit pour le mitrailleur

Sans remords il monte dans le taxi :

S’il y a un dégonflé, c’est pas lui.

Le pilote rassuré va pour décoller

Et l’oiseau bien sage, s’en va vers les nuages;

Alors rendu là-haut le pauvre mécano

Se dit : «Ils ont les ailes et nous les rondelles».

Cette chanson provient des archives de Jean Gaillères;


Il n’a pas été possible de la dater avec certitude;


Du texte on peut en déduire qu’elle a été créée lorsque Jean Gaillères volait sur biplace, donc avant la transformation de la 31e sur Bloch 200.


Antérieure à 1937 cette chanson peut provenir aussi bien du 37e RAO que du 31e RAO ou de la 31e escadre.